Inscrire son enfant dans une école privée en Suisse
L’école publique est la voie ordinaire ; l’école privée est l’alternative, payante, pour une famille qui veut un autre programme ou une autre langue, ou à qui l’école publique suisse est fermée parce qu’elle habite de l’autre côté de la frontière. Le canton autorise et surveille ces écoles sans garantir leur qualité. Parmi elles, cinq suivent le programme français, homologuées par le ministère français de l’Éducation nationale, et ouvrent aux familles françaises une bourse scolaire du consulat.
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Quand l'école privée est-elle une alternative ?
La règle. L'obligation scolaire se remplit à l'école publique, dans une école privée ou à domicile. Dans le canton de Vaud, le choix revient aux parents, à condition que l'enfant acquière, au terme de la scolarité obligatoire, les connaissances et les compétences du plan d'études romand. À Genève, l'école publique est réservée aux enfants domiciliés dans le canton ; une école privée fixe ses propres conditions d'admission.
Sur le terrain. Deux situations y mènent le plus souvent : une famille qui habite en France et travaille en Suisse, à qui l'école publique suisse est fermée par le domicile ; un enfant qui doit garder le programme de son pays, parce que la famille repartira ou parce qu'elle vient d'arriver en cours de scolarité. La langue d'enseignement, anglais ou filière bilingue, est la troisième raison.
Comment savoir si une école est autorisée ?
La règle. Une école privée doit être autorisée par le canton pour accueillir des élèves en âge de scolarité obligatoire. À Genève, le Service d'autorisation et de surveillance de l'enseignement privé délivre l'autorisation et tient le répertoire des écoles autorisées. Dans le canton de Vaud, le département « exerce une surveillance générale sur les écoles privées recevant des élèves en âge de scolarité obligatoire », publie la liste des écoles soumises à autorisation, et précise qu'il « ne se porte garant ni des méthodes ni de la qualité d'enseignement ».
Sur le terrain. Le répertoire cantonal se consulte avant de signer : il dit si l'école existe aux yeux du canton, pas si elle est bonne. Un élève qui revient à l'école publique vaudoise est admis, en règle générale, dans la classe de son âge.
Quels programmes trouve-t-on ?
La règle. Selon l'école, les écoles privées suisses préparent la maturité suisse, le baccalauréat français, le baccalauréat international ou des filières bilingues. Dix d'entre elles, qui préparent au baccalauréat français, sont réunies dans le GESBF (Champittet, Collège du Léman, Florimont, Institut International de Lancy, Le Rosey, Lémania, Toepffer, Beit Yossef Girsa, Rudolf Steiner Genève, Les Buissonnets à Sion), partenaire de l'AEFE depuis le 16 mai 2025.
Sur le terrain. Le diplôme visé décide de la suite. Une section de lycée qui n'est pas reconnue comme gymnase suisse conditionne l'entrée dans les universités suisses, comme l'indique le Lycée français de Zurich pour sa propre section. La question se pose à l'inscription, pas en terminale.
Les écoles françaises : des écoles privées à part
La règle. Cinq écoles privées de Suisse suivent le programme français et sont homologuées par le ministère français de l'Éducation nationale : deux conventionnées avec l'AEFE, trois partenaires. L'homologation atteste un enseignement conforme « aux principes, aux programmes » de l'école publique française, se renouvelle tous les cinq ans, et les élèves « suivent notamment les mêmes programmes et passent les mêmes diplômes » qu'en France, brevet et baccalauréat compris.
- École française de Bâle : maternelle et élémentaire, de 2 à 11 ans.
- École française internationale de Berne : conventionnée, douze niveaux homologués de la petite section à la 3e, 124 élèves.
- École primaire française de Genève, aux Eaux-Vives : de la grande section au CM2.
- École française Valmont, à Lausanne.
- Lycée français Marie Curie de Zurich, à Dübendorf : de la maternelle à la terminale ; ses programmes jusqu'au secondaire I sont approuvés par le canton de Zurich.
Sur le terrain. Ce que l'homologation apporte, c'est la continuité : un enfant dont les parents changent de pays « peut mener une scolarité cohérente, de la maternelle à la terminale ». Le statut, conventionnée ou partenaire, change la gestion de l'école, pas le programme. Et elle ouvre une aide que les autres écoles privées n'ouvrent pas : la bourse scolaire du consulat.
Combien ça coûte ?
La règle. Chaque école fixe ses frais. À Berne, l'écolage 2024-2025 de l'École française internationale est de 11 261 francs par an en maternelle et en élémentaire, et de 13 493 francs au collège, avec 1 250 francs de frais de dossier à la première inscription et un dépôt de garantie de 3 000 francs par famille. À Bâle, l'École française demande 400 francs de frais d'inscription la première année, l'écolage variant selon la classe.
Sur le terrain. La première année coûte plus que les suivantes : frais de dossier et dépôt de garantie s'ajoutent à l'écolage, et le repas de midi vient en plus. Les tarifs se lisent sur le site de l'école ; ceux des annuaires tiers sont souvent périmés.
Quelle aide pour les familles françaises ?
La règle. Les bourses scolaires de l'AEFE s'adressent aux enfants français inscrits, ou en cours d'inscription, dans une école homologuée : parmi les écoles privées de Suisse, les cinq écoles françaises seulement. Conditions : être inscrit au registre des Français établis hors de France, vivre avec un parent dans la circonscription consulaire, avoir au moins trois ans au 31 décembre de l'année de la rentrée, et ne plus percevoir de prestations familiales de la CAF. Le dossier se dépose au consulat, entre début janvier et mi-mars pour la rentrée suivante ; une première demande se fait sur rendez-vous, en personne. Les réponses arrivent à partir de juin. La bourse « n'est pas un droit automatique » et peut ne couvrir qu'une partie des frais.
Sur le terrain. L'inscription à l'école et la demande de bourse sont deux démarches séparées, à mener en parallèle. Un dossier incomplet ou déposé hors délai est rejeté.
Sources
Consultées le 25 octobre 2026.
- Ministère de l'Éducation nationale, Les établissements d'enseignement français à l'étranger (26 février 2026).
- UFE, La scolarité en Suisse (page modifiée le 12 août 2021) ; UFE Zurich, Écoles françaises en Suisse (27 janvier 2025).
- AEFE, fiche de l'École française internationale de Berne ; École française internationale de Berne, Récapitulatif des tarifs 2024-2025.
- École française de Bâle, plaquette de présentation.
- Lycée français Marie Curie de Zurich, fiche Wikipédia.
- Le Petit Journal, L'AEFE ouvre ses portes à 10 nouveaux établissements scolaires suisses (23 mai 2025, mis à jour le 20 décembre 2025).
- ASFE, Bourses scolaires 2026-2027 : tout ce qu'il faut savoir (29 janvier 2026) ; Le Petit Journal, Première campagne de bourses scolaires 2026-2027 (23 janvier 2026).
- Canton de Genève, Ouvrir une école privée (6 mars 2025) ; canton de Vaud, Lieux et modalités de scolarisation.