Un documentaire de vingt et une minutes, le premier de la série. La voix d'Agnès Leonetti a été enregistrée à table, au Courtyard by Marriott de Bienne ; la narration a été écrite et enregistrée après, pour raconter ce que l'entretien a montré. Une doula, c'est quelqu'un qu'une famille engage autour d'une naissance : avant, pendant, après. Aucun geste médical, ce n'est pas une sage-femme, et cette différence décide de beaucoup de choses.
Agnès Leonetti est doula à Bienne depuis cinq ans. Arrivée d'Écosse avec des diplômes non reconnus, formée d'abord comme thérapeute, elle a trouvé ce métier par hasard, en traduisant un cours. Son activité s'appelle Forces de Vies. Elle est membre de l'association suisse des doulas.
Où la trouver : Forces de Vies, Instagram. Première rencontre chez les familles, au Quai du Bas 23 à Bienne, ou dans un café.
Chapitres
- 00:00 Ouverture
- 01:35 Son parcours, d'Écosse à Bienne
- 04:08 Où se passe la première rencontre
- 05:00 Rien n'a été un plan
- 05:28 Les mains et le peigne d'accouchement
- 06:14 Ce qu'elle n'avait pas vu venir
- 06:53 Post-partum et congé maternité
- 07:26 Derrière la porte : la fatigue des parents
- 08:27 Une naissance ne prend pas rendez-vous
- 09:33 L'autre versant : ce qui n'est écrit nulle part
- 11:27 L'association, un critère de sélection
- 11:53 Ce qu'une doula ne fait pas
- 13:47 À l'hôpital, savent-ils ce qu'elle fait ?
- 15:15 Le document, c'est le projet de naissance
- 15:36 Cinq ans pour oser
- 16:36 Interlude : enregistrer votre épisode
- 17:16 Dans cinq ans
- 18:39 La question qu'on garde pour la fin
- 19:43 Ce que je retiens
- 20:31 Où retrouver Agnès
- 21:00 Remerciements et générique
Sources des informations citées
- 00:33 et 14:40, aucun geste médical : la sage-femme est une profession de la santé réglementée par la loi fédérale sur les professions de la santé (LPSan, RS 811.21, art. 2) ; la doula n'y figure pas.
- 06:53, quatorze semaines de congé maternité : l'allocation de maternité est versée pendant quatorze semaines, soit 98 jours à compter de l'accouchement, à 80 % du revenu, au plus 220 francs par jour (Mémento 6.02 AVS/AI, état au 1er janvier 2025, consulté le 11 octobre 2026) ; une accouchée ne peut pas être occupée pendant les huit semaines qui suivent l'accouchement (loi sur le travail, RS 822.11, art. 35a, al. 3).
- 11:27, l'association suisse des doulas : association doula CH, qui reconnaît certaines formations (doula.ch, consulté le 11 octobre 2026).
- 15:15, le projet de naissance : document rédigé par les parents, que l'association présente parmi ses services (doula.ch, consulté le 11 octobre 2026).
Crédits. Invitée : Agnès Leonetti. Narration, montage et habillage sonore : Anas Lahras. Entretien enregistré le 24 avril 2026 au restaurant Bluma du Courtyard by Marriott Biel/Bienne, partenaire de l'émission. Sons de table et ambiance enregistrés sur place. Thèmes musicaux : Anas Lahras, à partir d'échantillons sous licence Splice.
Vous êtes indépendant ou chef d'entreprise et vous cherchez une façon différente de vous présenter : proposez votre épisode.
Lire la transcription
00:33 Anas : Le dîner est terminé, les invités sont partis, ou presque. Ce soir, à table, il reste Agnès. Agnès est doula, à Bienne. Et je sais ce que vous vous dites : mais c’est quoi, une doula ? Résumé simplement, une doula, c’est quelqu’un qu’une famille engage autour d’une naissance : avant, pendant, après. Pas de geste médical, ce n’est pas une sage-femme. Et cette différence, vous allez voir qu’elle décide de beaucoup de choses. Il y a quinze ans, Agnès trouvait ce métier inatteignable. Je lui ai demandé par où elle était passée.
01:12 Anas : Bonsoir à toutes et à tous, vous écoutez Business Talk après dîner, avec le soutien du Courtyard by Marriott à Bienne.
01:35 Agnès : Mon chemin, ça a toujours été d’être proche des gens, de les guider, même de les servir, parce que j’ai fait de la restauration. Et particulièrement, voilà, la maternité, plus récemment, au gré des rencontres, des hasards, et d’oser, en fait, aller vers quelque chose que je croyais inatteignable.
01:53 Agnès : La première étape, c’était d’être d’abord maman, et d’être en Suisse, et de ne connaître personne, de ne pas savoir ce que je vais faire de ma vie, d’avoir des diplômes qui ne sont pas reconnus ici. Je venais d’Écosse directement et, voilà, qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? Et j’ai commencé une formation de thérapeute. De fil en aiguille, je suis arrivée vers la conclusion qu’il fallait que je travaille aussi en profondeur, pour moi, sur le sujet de la maternité.
02:19 Agnès : Alors, j’ai beaucoup entendu parler de ce métier il y a une quinzaine d’années. Ça me paraissait inatteignable, en fait. Je ne m’imaginais pas du tout pouvoir tenir la route émotionnellement dans une salle d’accouchement, auprès d’une femme qui accouche. Et finalement, j’ai postulé au hasard pour traduire un cours de Spinning Babies : c’est un cours qui venait du Canada, qui allait être donné à des doulas ici, en Suisse. Et la prof que j’ai eue par la suite cherchait quelqu’un pour traduire de l’anglais au français ce cours. Et comme je parle couramment l’anglais, je me suis dit : ah, c’est aussi une occasion de me rapprocher de ce métier, de comprendre un petit peu mieux comment ça se passe dedans.
03:01 Agnès : Et en discutant avec elle, elle m’a dit : « Non mais toi, tu es doula, tu dois absolument faire cette formation. » Et j’étais là : « Oh, peut-être pas, je ne sais pas. Je veux d’abord travailler mes trucs autour de la maternité. » Ça avait été compliqué avec ma maman, ça avait été compliqué aussi, pour moi, de devenir maman. Et du coup, voilà, je me suis lancée dans cette formation. La décision émotionnelle, c’était un moment de vraiment prendre soin de moi en tant que maman. Déjà, prendre soin de moi-même. J’avais vraiment besoin de ça, j’étais à l’entrée de la préménopause, en plus. Et puis ça ne marchait pas super fort avec le métier de thérapeute. Là, j’étais sous l’entreprise de mon mari, qui, lui, a une entreprise de consulting.
03:41 Agnès : Et puis je trouvais que ça n’allait pas ensemble, j’avais besoin vraiment de m’indépendantiser. Et puis devenir doula, c’était aussi un geste vers mon indépendance financière. Je n’y croyais pas au début, non. Je pensais : je vais faire cette formation juste pour moi, travailler sur ces trucs, et après on verra bien. Et finalement, de fil en aiguille, c’est venu, les occasions : un premier couple qui arrive sur mon chemin et qui me dit : « Non, mais c’est toi qu’on veut comme doula. » Et ça arrive en fait comme ça, c’est assez surprenant.
04:08 Anas : Une doula n’a pas d’enseigne dans la rue. Alors, pour une première rencontre avec la famille, où est-ce que ça se passe ?
04:14 Agnès : Une des grandes compétences de la doula, c’est d’être flexible et de s’adapter aux situations, quel que soit l’endroit où sont les familles. Souvent, je vais chez les familles, donc je n’ai pas nécessairement besoin d’un lieu de travail. Et parfois, pour la première fois où on se rencontre, les familles se sentent plus à l’aise de venir dans un lieu neutre, donc là où je sous-loue une pièce de travail, et où aussi je donne des massages prénataux, postnataux, et des accompagnements individuels. Ça serait au Quai du Bas 23, à Bienne. Après, ça peut aussi être dans un café. Papoter autour de ce dont a besoin la famille, et regarder si ça matche entre les deux, aussi. C’est important de sentir qu’on peut être à l’aise ensemble.
05:00 Anas : Comme vous pouvez le voir, ou plutôt l’entendre, rien, là-dedans, n’a été un plan. Une annonce pour traduire un cours. Une formatrice qui lui dit : « Toi, tu es doula. » Puis un premier couple qui la choisit avant qu’elle se soit choisie elle-même. Avant d’aller plus loin, je lui ai demandé un objet qui raconte son métier. Elle a d’abord regardé ses mains.
05:28 Agnès : Oh là là, ça, c’est compliqué. Ça va être peut-être les mains, le premier objet, parce que je touche les enfants aussi dont je m’occupe, dont je prends soin. Ils viennent beaucoup vers moi, ils ont besoin de jouer, je vais faire des choses avec eux, avec mes mains : on va bricoler, on va aller à la balançoire, je vais les pousser. Voilà, donc c’est déjà aussi mes mains.
05:50 Agnès : Et puis un autre objet qui m’est venu quand tu posais la question, c’est le peigne d’accouchement, qui est un peigne que je propose souvent aux mamans pour pouvoir presser pendant les contractions, qui va presser sur des points d’acupressure et qui va les aider à mieux gérer la douleur. Et ça, je trouve que c’est vraiment très souvent les doulas qui proposent cet outil-là, pour pouvoir mieux gérer les douleurs de l’accouchement.
06:14 Anas : Un peigne pour les contractions. C’est la naissance, et c’est pour ça qu’elle s’est formée. Ce que les familles lui ont demandé ensuite, elle ne l’avait pas vu venir.
06:23 Agnès : La grosse surprise dans mon métier, c’était, d’un coup, que les personnes me demandent de m’occuper de leurs enfants. Et ça, je ne m’y étais pas du tout attendue, parce que je me suis formée comme doula naissance. Donc, voilà, j’avais imaginé que je suis là en préparation à la naissance, pour la naissance peut-être, les parents ont besoin que je sois là, et en post-partum pour aider. Et je n’avais pas vraiment imaginé le problème des enfants. Enfin, le problème, ce n’est pas un problème, mais le besoin des parents d’avoir des gens de confiance pour leurs enfants qui sont déjà là.
06:53 Anas : Post-partum : c’est le mot du métier pour la période vécue après l’accouchement. En Suisse, la loi comporte quatorze semaines de congé maternité. Mais le corps compte autrement.
07:04 Agnès : Le post-partum, c’est la période après l’accouchement. On estime quatre à six semaines de repos, un maximum, pour la maman, mais ça dure, en fait, des mois de récupération, pour que la maman récupère physiquement, et aussi hormonalement, par rapport à un grand événement de l’accouchement, qui est comme un marathon pour le corps.
07:26 Anas : Des mois, donc. Et pendant ces mois-là, c’est elle qui se déplace jusque chez les familles. Je vous propose de la suivre et de découvrir ensemble ce qu’il y a derrière la porte.
07:37 Agnès : Il y a des grandes périodes de fatigue, parce que le bébé réveille la maman très souvent pour pouvoir manger le plus souvent possible. Donc, la forme de manque de sommeil, c’est vraiment hyper difficile pour les parents. Avant la naissance, on parle de tout ce qui va venir dans cette période-là, et qu’est-ce qu’on peut mettre en place pour avoir un maximum de soutien au niveau du ménage, de faire à manger. Accepter ou pas les visites à la maison, parce que ça, c’est épuisant aussi. Les grands-parents qui arrivent avec tous les bons conseils dont on n’a pas besoin à ce moment-là, souvent. Et puis aussi dormir quand le bébé dort, essayer de faire un maximum des choses qui vont être préoccupantes avant la naissance, pour pouvoir avoir vraiment l’esprit tranquille, pour pouvoir récupérer un maximum physiquement pendant cette période compliquée.
08:27 Anas : Comme vous le savez déjà, une naissance ne prend pas rendez-vous. Qu’est-ce que cela fait à l’agenda d’une indépendante ?
08:36 Agnès : J’ai eu ce commentaire d’une famille hier, où il me dit : « Mais en fait, tu dois être super adaptable, en fait. D’un coup, ça change, on a besoin de toi une demi-heure de plus, une heure de plus. » Et puis, ben oui, tu dis oui ou non, mais waouh, ça demande une grande flexibilité.
08:53 Agnès : C’est ça, les contextes peuvent changer très vite. Donc, d’un moment à l’autre, même là, je suis de piquet pour un accompagnement depuis déjà quelques jours. Bon, je sais que le terme est plutôt vers la mi-mai, donc potentiellement il ne se passe rien. Mais d’un moment à l’autre, je peux avoir un appel et, paf, j’ai mon sac de prêt, et je pars, et je vais rejoindre la famille, et je vais les accompagner là où ils décident d’avoir leur bébé. Ou parfois, de manière inopinée, le bébé arrive à la maison plus vite que prévu : ils ont la sage-femme au téléphone, et moi, je m’occupe plus de la logistique à la maison, avec le grand enfant qui est là. Ça m’est déjà arrivé.
09:33 Anas : Bon, voilà pour le métier. L’autre versant, maintenant. Agnès est indépendante, en Suisse, depuis cinq ans. Elle a monté son activité seule et sans mode d’emploi. Dans cette première saison, je pose à chaque invité une question qui permet de découvrir l’envers du décor. Ici : qu’est-ce qui n’a été écrit nulle part, et qu’elle a dû comprendre par elle-même ?
10:08 Agnès : C’était l’importance des partenariats et des collaborations, en particulier dans mon métier, et c’est vrai que ça n’est écrit nulle part. Une doula, elle ne peut pas déjà remplir… Enfin, dans mon métier, je ne peux pas remplir tous les rôles, je ne peux pas avoir toutes les différentes spécialités que chaque doula individuelle a. Et c’est important de s’entourer d’un réseau de personnes qui ont ces compétences-là, et qui vont être aussi des recommandations, des personnes à travers qui on va nous trouver plus facilement.
10:41 Agnès : Alors, il y a une association des doulas suisses, mais toutes les formations de doulas ne sont pas reconnues par l’association des doulas suisses. Donc ça, c’est en plein développement, apparemment. Moi, je suis affiliée à cette association, parce que je trouve que c’est un gage important de qualité, et justement de collaboration : de connaître des personnes qui, je sais, ont suivi la même formation que moi. Et on a les mêmes codes éthiques. C’est particulier, parce qu’on est souvent mélangées avec les médecins aussi, les sages-femmes. Et comme tu disais, il y a des images, des fois, de la doula qui sont erronées. Et on doit s’assurer qu’on est proche de la réalité de qu’est-ce que c’est qu’une doula, vraiment, dans le cadre d’une naissance médicalisée. Qu’est-ce qu’elle fait, qu’est-ce qu’elle ne fait pas.
11:27 Anas : Un repère à retenir : il existe une association suisse des doulas. Agnès en est membre. Toutes les formations n’y sont pas reconnues. Quand une famille cherche une doula, c’est un premier tri, un critère de sélection. Elle vient de poser la question elle-même : qu’est-ce qu’une doula fait ? Et surtout, ce qu’elle ne fait pas. Sa réponse tient en une règle et en un document.
11:53 Agnès : Alors, par exemple, s’il doit se passer une intervention médicale d’urgence, ou une avalanche de gestes médicaux, moi, je ne vais jamais m’opposer. Une doula digne de ce nom ne va pas dire : « Ah non, non, non, ça, on ne fait pas, la maman ne voulait pas ça. » Les parents avaient décidé qu’ils ne voulaient pas faire une épisiotomie, ou une péridurale, ou je ne sais quoi.
12:19 Agnès : Mon rôle, plutôt, c’est d’informer les parents avant, de quels gestes peuvent être possibles, et si oui ou non, pour eux, dans ce cadre-là, ça serait OK comme ça, comme ça ou comme ça. Donc ils font un projet de naissance. Là aussi, je change le terme : pas plutôt un plan de naissance, mais un projet, dans lequel ils mettent leurs vœux, leurs souhaits. Et c’est plutôt un encouragement, ou un soutien aux parents, à eux-mêmes exprimer ce dont ils ont besoin, ce qu’ils veulent ou ce qu’ils ne veulent pas.
12:45 Agnès : Donc là, il y a un cadre légal aussi, qui est important. On n’a pas la responsabilité de vie ou de mort sur tel ou tel geste médical. Après, quand elle est en train d’accoucher, la femme, elle n’est pas du tout dans une disposition à prendre des décisions, à réfléchir, à signer des contrats, des décharges. Pas du tout.
13:01 Agnès : Elle est dans un autre mode de cerveau. Déjà, pour l’équipe médicale, de comprendre quel type de personne ils ont en face d’eux, quel passé elle a eu : est-ce qu’elle a eu des problématiques psychologiques, physiques, des abus, des pertes d’enfants avant, etc. Donc tout ça, on l’explore ensemble, et on s’assure que les équipes médicales sont informées, pour pouvoir mieux accompagner médicalement les familles, les femmes. J’ai dû réaliser aussi qu’il y a beaucoup d’attention à donner à qu’est-ce qu’on dit, qu’est-ce qu’on ne dit pas, qu’est-ce qu’on divulgue par rapport aux parents. C’est pour ça que si eux, ils écrivent leur projet de naissance eux-mêmes, ils donnent ces informations, et ils notent que moi, j’ai accès à ça, ça, ça ou ça, ou pas, qu’ils veulent que je sois là dans tel et tel cas, ou pas.
13:47 Anas : Il y a une chose à comprendre sur ce métier. À l’hôpital, ce n’est pas l’hôpital qui l’a convoquée. C’est la famille qui l’amène. Et ceux qui travaillent là, est-ce qu’ils savent ce qu’elle fait ?
14:00 Agnès : J’ai eu un exemple : j’étais dans la salle d’attente, il n’y a pas si longtemps, à l’hôpital, où j’avais une maman que j’avais accompagnée autour de la naissance, où il n’y a pas eu besoin de moi pendant la naissance. Mais après la naissance, elle a eu besoin d’aller pour des contrôles. Et puis j’ai discuté avec une des sages-femmes qui était là, et je lui expliquais… J’ai eu des interactions avec un papa qui était là, qui m’a entendue parler avec une autre maman que je connaissais, dans la salle d’attente. C’était cocasse. Et cette sage-femme, elle ne s’était pas rendu compte que, ah oui, en fait, je peux prendre soin des enfants quand les parents partent pour un accouchement, quand ils n’ont pas de famille autour. « Et moi, je croyais que la doula, elle ne faisait que venir à l’accouchement. » Et pas du tout.
14:40 Agnès : Ce n’est pas coûteux, mais ça pourrait l’être. Ça veut dire que vous ne savez pas ce que je fais, du coup vous ne pouvez pas non plus en parler et diriger les familles qui auraient besoin de mes services. Mal connu, mal interprété. Il y a souvent aussi des personnes qui me disent : « Ah, mais tu ne fais pas juste les accouchements à domicile ? Ah, mais il y a une sage-femme avec toi, quand même ? » Oui, moi, je ne fais aucun geste médical, je n’ai pas la responsabilité d’accoucher. D’ailleurs, j’ai horreur de ce terme, les femmes qui disent : « Moi, j’ai accouché telle femme. » Non, on n’accouche personne : c’est la femme qui accouche toute seule, et elle a du soutien. Bref, c’est encore très peu connu.
15:15 Anas : Le document, c’est le projet de naissance. Ce sont les parents qui l’écrivent, et le jour où la mère n’est plus en état de décider, c’est lui qui parle pour eux, et qui fixe le cadre, pour la famille comme pour Agnès. « Très peu connu », disait-elle. Et ça, c’est une conséquence qu’elle n’avait pas prévue en se lançant.
15:36 Agnès : Alors moi, c’est prévu cette année, justement, d’aller me présenter vraiment, et présenter le métier de doula aux équipes de sages-femmes au centre hospitalier à Bienne, et puis aussi à la Clinique des Tilleuls. Et de répondre aux questions des sages-femmes, rassurer leurs peurs, s’il y en a, et mieux expliquer la posture d’une doula qualifiée. Ça fait partie de mon développement, entre guillemets, marketing, comme d’être avec toi aujourd’hui. Et ça fait cinq ans que je pratique, et ce n’est que maintenant que je m’y mets. Et j’ose m’y mettre parce que je me sens légitime.
16:07 Agnès : Au moment où je me sens comme un imposteur, où je me dis : « Ah là là, mais est-ce que je suis légitime ? » Et c’est bien, parce que ça me re-challenge, ça me fait reposer des questions : est-ce que je peux m’améliorer, comment je peux encore grandir et me perfectionner ? Et puis, OK, mais d’aller un peu plus loin dans ce pas, de prendre le risque de faire mieux connaître le métier, de me faire mieux connaître, ça, c’est un autre pas. Je pense que c’est important à faire.
16:36 Anas : Petit interlude. Elle l’a dit tout à l’heure en passant : être à ce micro fait partie de sa démarche marketing. Je peux dire la même chose de ce micro. C’est aussi comme ça que je me présente à des gens que je ne connais pas encore.
16:49 Anas : Chers auditeurs, chères auditrices, si vous êtes indépendant, chef d’entreprise, vous songez peut-être à lancer votre activité, aussi, et vous cherchez peut-être une façon différente de communiquer, voire originale. N’hésitez pas à me contacter pour pouvoir enregistrer un épisode de ce podcast. Ça se passe sur mon site internet : vous avez un formulaire de contact, et moi, je vous retrouverai de l’autre côté.
17:16 Anas : Reprenons maintenant. Dans cinq ans, Agnès aura 59 ans. Je lui ai demandé où elle allait.
17:35 Agnès : 59 ans, j’aurai, dans cinq ans, donc je ne serai pas très loin de la retraite, mais en même temps, je ne me vois pas m’arrêter de travailler à la retraite. Je pense que je serai grand-mère aussi d’ici là, donc j’aurai peut-être moins de temps à donner à d’autres familles, je ne sais pas. Et il y a aussi le projet d’accompagner aussi dans la mort. Donc je prévois de me former comme doula fin de vie en 2027, fin 2027. Donc je vais ce samedi à une présentation d’une école de doula de vie et de fin de vie. Pour l’instant, je suis doula naissance, spécifiquement.
18:05 Agnès : Donc je veux vraiment me former spécifiquement, maintenant, aussi à la doula famille. Donc ça, c’est clore le cercle, en fait, de la vie : la naissance, la mort, qui sont toujours liées. Pour moi, ça fait grand sens, mais c’est un autre challenge. Et ça va en même temps que moi, je prends aussi de l’âge. Ça va… Voilà. Ça va avec le flux de la vie, finalement. Je me rends compte que le développement de mon entrepreneuriat a complètement été en parallèle avec mon développement personnel à moi, et l’évolution dans la vie. Le retour toujours vers les enfants, la surprise de devoir encore garder des enfants : ça m’était déjà arrivé plusieurs fois dans ma vie.
18:39 Anas : Et puis il y a la question qu’on garde pour la fin. Pour la suite, qu’est-ce qu’elle souhaiterait ?
18:45 Agnès : D’avoir une stabilité dans ce que je reçois chaque mois, parce que cette instabilité, elle est quand même dure à vivre par moments. Il y a des moments où on a pas mal de demandes, beaucoup de travail, et d’un coup, il n’y a plus rien. J’aimerais bien avoir une stabilité, là, au niveau de combien je gagne, et puis pouvoir être plus tranquille aussi avec les personnes que j’accompagne, et dans ma vie. Et employer d’autres personnes, peut-être pas, mais peut-être former, ou être mentor d’autres doulas, de jeunes doulas. Ça, j’aimerais bien.
19:19 Agnès : Je te remercie, en tout cas, aussi de m’avoir fait réaliser aujourd’hui que, oui, j’avais des belles compétences au niveau humain, et au niveau de la prise de contact, mais que ça devait aller de pair, en fait, avec les compétences d’entrepreneur, de se démarcher, au niveau marketing, etc. Et que ça allait de pair. Il faut vraiment pouvoir équilibrer ça. Pour moi, c’est vraiment important.
19:43 Anas : Personnellement, ce que je retiens, c’est qu’Agnès n’a jamais décidé de devenir doula. On l’a désignée, puis choisie. Et il lui a fallu cinq ans pour se donner le droit de le dire à voix haute. Pour moi, ça dénote de quelque chose. Ça montre quelque chose. Entrer sur le marché, c’est peut-être ça. Ce n’est pas forcément chercher le premier client : c’est peut-être lui qui vous trouve. Et surtout, c’est surtout le jour où on ose se présenter. Si vous souhaitez la retrouver, je lui redonne la parole.
20:31 Agnès : Alors, j’ai un site internet. J’ai intitulé mon activité professionnelle Forces de Vies : force au pluriel et vie au pluriel. Vous me trouvez sur Instagram, sur Facebook, mon site aussi. Vous le trouvez assez facilement en cherchant « Agnès Leonetti Bienne », vous allez le trouver direct. Et voilà, je fais aussi plein d’autres choses, comme en tant qu’accompagnante : pas seulement la naissance et autour de la natalité, mais pour l’humain en général.
21:00 Anas : Voilà. Je vous présente aujourd’hui Agnès Leonetti, fondatrice de Forces de Vies, à Bienne. Le lien est dans la description de l’épisode, si vous souhaitez la recontacter. Je souhaite remercier encore une fois très chaleureusement le Courtyard by Marriott à Biel/Bienne, partenaire de l’émission, qui m’ouvre aujourd’hui ses salles. N’hésitez pas à les contacter, eux aussi, pour réserver une table dans leur restaurant, le Bluma Restaurant. Vous pouvez tout aussi bien les contacter pour réserver une salle, si vous avez besoin d’un espace pour vos réunions d’entreprise ou vos rendez-vous clients.
21:30 Anas : C’était Business Talk après dîner, saison 1. Une production Radio SWAN.